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rôle de URSS dans la direction du monde communiste avant et après 1956



Les relations entre l'URSS et les autres pays du monde communiste de 1945 à 1985 ( rôle de URSS dans la direction du monde communiste avant et après 1956





à partir de juin 1941, l'URSS de Staline est toute entière vouée à la lutte contre le nazisme, la victoire de Stalingrad marque le tournant de la seconde Guerre mondiale, la fin du conflit voir la lente reconquête, par le rouleau compresseur de l'armée rouge, des territoires conquis par l'Allemagne à l'EST de l’Europe, en Mai 1945 les troupes soviétiques sont à Berlin, l'URSS sort donc du conflit comme une des deux grandes puissances ayant contribué à la chute du nazisme. Le prix qu'elle a payé lui confére dans le monde entier un immense prestige. Aussi,son influence s'étend-elle rapidement à une partie de l’Europe et de l’Asie. La réaction des états unis limitant cette expansion, on voit alors s'organiser dans un monde divisé en deux, un bloc dominé par l'URSS. Dés la mort de Staline, ce bloc connait certaines difficultés, l'échec des réformes proposées par KHROUCHTCHEV conduit à un renforcement de la domination soviétique mais aussi à une contestation de celle-ci, qui a finalement pour conséquence récente l'éclatement du bloc de l'Est. On peut alors se demander si cet effondrement n'était pas en germe dés la naissance du bloc communiste.

1) La formation du bloc communiste


A) de la libération par l'armée rouge à la formation des démocraties populaires


saut la Yougoslavie et l’Albanie, ou la résistance communiste à joué un rôle essentiel et ou s'installent aussitôt après la libération des gouvernements communistes, toute l'Europe de l'Est a été libérée par l'armée rouge. Tchécoslovaquie,Hongrie,Pologne,Roumanie,Bulgarie restent occupées par les troupes soviétiques. Bien qu'ayant signé à Yalta la déclaration sur l’Europe libérée qui garantissait l'instauration de gouvernements démocratiques dans toute l’Europe, Staline entend bien d'autre part, constituer à l'URSS un glacis protecteur, d'autre part renforcer l'influence soviétiques à l'Est de l’Europe. Aussi, peu à peu les représentants soviétiques imposent-ils en Pologne, en Roumanie et en Bulgarie, des militants communistes pour tous les postes clés de ces états, aussi le pouvoir est-il noyauté par étapes, les élections contrôlées et,rapidement, ces pays se trouvent sous un régime communiste ou toute opposition a disparu. Le processus est plus long en Hongrie et en Tchécoslovaquie ou le parti communiste était moins influent et ou ont pu être organisées des élections libres. Peu à peu l'utilisation de la tactique du salami, qui consiste à éliminer petit à petit toute l'opposition,permet au parti communiste d'être le seul au pouvoir en Hongrie après 1949, mais c'est en Tchécoslovaquie que la volonté soviétique de créer une véritable zone d'influence se révélé de façon dramatique. Ce pays, ou les communistes avaient,dans des élections libres, remporté 38% des suffrages,était dirigé par un gouvernement de front national comportant aussi bien des communistes que des représentants des autres partis antifascistes. Le premier ministre Gottwald était communiste, mais pas le président de la République, Bénès, qui espérait perpétuer une expérience de socialisme démocratique. il avait accepté l'offre Marschall à toute l’Europe, Staline convoque en Pologne une conférence de tous les partis communistes d'Europe. Lors de cette réunion se constitue le Kominform, organisme chargé de coordonner, sous la direction de l'URSS, l'action des partis communistes d’Europe. Cette création marque la division de l'Europe en deux camps, à partir de ce moment là, Staline ne peut tolérer qu'un pays de l'Est échappe à la direction communiste, aussi enjoint-il à Gottwald de prendre le pouvoir à Prague.Aussitôt, les communistes tchèques tentent de noyauter l'essentiel de l'administration: en réaction les ministres libéraux démissionnent. En quelques jours ( 17-25 février 1948 ) le parti communiste multiplie les manifestations d'intimidation et impose à Bénés un gouvernement majoritairement communiste. Quelque temps après ce coup de Prague, Bénés démissionne et le parti communiste reste seul détenteur du pouvoir. Enfin,après la crise due au blocus de Berlin par décision de Staline entre juin 1948 et mai 1949, l'Allemagne est divisée en deux et sa partie Est devient la RDA, sous l'influence directe de Moscou.

B) Des états intégrés dans le système totalitaire stalinien


Les pays d'Europe de l'Est deviennent alors des états satellites de Moscou, les démocraties populaires, dont le système politique et économique est calqué sur l'URSS. Sur le plan politique,l'affaire yougouslave fournit à Staline l'occasion de mieux contrôler les dirigeants des pays de l'Est.En effet Tito refuse d'obéir à Staline dont il se méfie depuis la guerre, il refuse le noyautage des institutions yougouslaves par des envoyés soviétiques; Staline ne peut supporter l'indépendance affichée de Tito, pourtant parfaitement orthodoxe sur le plan politique et économique. C'est donc la rupture entre les deux états. Staline en profite pour imposer, dans les autres démocraties populaires, des purges parmi les dirigeants communistes locaux. En quelques années grâce à toute une série de procés truqués, les anciens dirigeants communistes sont éliminés et remplacés par des fidéles staliniens. Ensuite,c'est la modéle soviétique qui s'impose; rôle essentiel du parti communiste,mêmes institutions qu'en URSS,répressiosn des minorités nationales,interdiction de pratiquer une religion,obligation de rendre à Staline un véritable culte, Sur le plan économique, c'est la creation en 1949 du CAEM,
le Conseil d'Aide Economique et Mutuelle, qui vise à organiser les échanges commerciaux entre tous ses membres. En réalité il s'agit de mettre toutes les forces économiques des démocraties populaires au service de l'economie soviétique, en lui fournissant ce dont elle a besoin et en imposant aux pays de l'Est d'acheter ce que fournit l'URSS. Le systéme économique soviétique est de régle : collection concentralisée, priorité donnée à l'industrie lourde, nationalisations,Peu à peu,on voit donc s'organiser un vaste ensemble communiste entiérement inféodé à Moscou, Ceci se confirme quelques années plus tard, avec la création en 1955 du pacte de varsovie qui organise une coopération militaires entre l'URSS et les pays de l'Est, à l'exception de la Yougouslavie.

C) Le bloc de l'Est s'étend en Asie


en même temps que s'étend l'influence soviétique sur l'Europe de l'Est, le communisme triomphe en Chine. En effet, la lutte qui opposait depuis bien des années les nationalistes chinois de Tchang Kai Chek aux communistes de Mao Ze Dong avait repris dés la fin de l'occupation japonaise, l'armée rouge emporte la victoire en 1949, le gouvernement de Tchang Kai Chek doit partir en exil à formose(taiwan) et le 1er octobre 1949 est proclamée la naissance de la République populaire de Chine. Aussitôt aprés, Mao se rend à Moscou pour signer des accords avec l'URSS; celle-ci son aide à la jeune République,fournissant aide financiére,assistance technique et modéle économique puisque la Chine adopte, elle aussi le systéme de planification soviétique, la priorité à l'industrie lourde ( dans un pays trés largement rural) , la collectivisation dans les campagnes.
La Corée du Nord, elle aussi, devient communiste du fait d'un lent processus,commencé en 1945. Le départ des occupants japonnais a laissé le pays divisé en deux, les Soviétiques occupant le Nord de la Corée, les américains le sud. Dans leur zone, les Soviétiques favorisent la venue au pouvoir du communiste Kim IL SUNG qui transforme le pays en un décalque de l'URSS. Quand le Nord attaque le Sud en juin 1959, l'URSS soutient totalement son allié, dans un conflit qui est emblématique de la division du monde en deux blocs, L'entrée dans le conflit en novembre des troupes chinoises confirme la solidité du bloc de l'Est et la domination que l'URSS exerce sur une partie du monde. Il faut aussi signaler que cette influence soviétique se manifeste en indochine ou la guerre oppose la france aux troupes communistes du général Giap. Le leader communiste HO CHI MINH qui avait proclamé en 1945 l'indépendance du Vietnam et son choix de la doctrine communiste,aprés l'echet de négociations avec la France en 1946, a pris le chemin du maquis et encourage la population à lutter contre la France. Il est évidemment aidé par l'URSS et,surtout, par la Chine, aprés 1949.

II) De la mort de Staline à l'Echec des Réformes de KHROUCHTCHEV




A) le XXe congrés et ses conséquences



Staline meurt le 5 mars 1953, et cette mort a des conséquences internationales immédiates,sur lesquelles nous ne reviendrons pas: fin de la guerre de Corée,accords de Genéve sur le Viêt-nam,Incontestablement cette rapidité dans le dénouement des conflits révéle bien l'influence personnelle de Staline dans leur persistance. Surtout, ce décés a des conséquences trés importantes dans le bloc communiste. Dés juin 1953, des émeutes à Berlin-Est et leur répression par les troupes soviétiques révélent que le socialisme se maintient à l'Est par la force et qu'il n,'a pas conquis la population.
Pendant quelques temps,c'est une direction cllégiale qui remplace Staline, jusqu'a ce qu'émerge la figure de Nikita KHROUCHTCHEV, qui devient secrétaire général du parti communiste de l'Union Soviétique. Il entend réformer le systéme stalinien et lance une politique de libéralisation politique et économique qui se révéle en 1955 quand il affirme la nécessité d'une réconciliation avec la Yougouslavie, mais cette politique se dévoile surtout à l'occasion du XXe congrés du PCUS, En effet, en février 1956,Khrouchtchev présente au congrés un rapport secret dénonçant les crimes de staline, appelant à la déstalinisation et affirmant qu'il existe plusieurs voies d'accés au socialisme. Dans les démocraties populaires, c'est l'espoir d'échapper à la domination soviétique et de créer un socialisme national qui naît à la suite de ce congrés, En Pologne, mais surtout en Hongrie, des manifestations témoignent de cet espoir, En Pologne le probléme est réglé par le remplacement du secrétaire du parti communiste, permettant à son successuer Gomulka de définir une voie polonaise vers le socialisme. Il s'agit notamment d'échapper à la collectivitisation rurale. Les événements sont beaucoup plus graves en Hongrie: sous la pression populaire, un nouveau dirigeant, imrenagy, communiste anti-stalinien, accorde des libertés, supprime le parti unique et envisage de quitter le pacte de Varsovie, c'en est trop, mëme pour khrochtchev, celui-ci accepte une certaine autonomie des pays de l'Est, mais ne peut envisager de les voir quitter le bloc communiste,aussi le 3 novembre 1956, les chars soviétiques pénétrent en Hongrie, ou la répression est terrible, à partir de ce moment-là Khrouchtchev tolére que les pays de l'Est ménent une politique économique un peu plus indépendante, à la condition qu'ils restent dans l'orbite militaire et politique de l'URSS.C'est pour quoi, en août 1961, excédé par les départs constants d'allemands de l'Est vers la RFA, Khrouchtchev fait édifier un mur qui coupe Berlin en deux et interdit tout contact entre les habitants des deux secteur de la ville.La Yougouslavie est le seul pays de l'Est à garder une indépendance certaine par rapport à l'URSS, en témoigne son choix du non-alignement,c'est-à-dire son refus d'intégrer officiellement le bloc communiste

B) La rupture sino-soviétique

Khrouchtchev infléchit aussi la politique extérieure de son pays en énonçant sa théorie de la coexistence pacifique.c'est cette affirmation qu'il faut renoncer  l'affrontement armé entre les deux grands pour le remplacer par une compétition économique que les dirigeants chinois refusent,comme ils récusent la déstalinisation.
Accussant Khrouchtchev de révisionnisme, ils changent l'orientations économique en lançant une expérience de socialisme centré sur le développement des caompagnes, le Grand bond en avant ; c'est l'abandon du modéle soviétique. Les critiques chinoises contre l'URSS se multiplient. en 1960, les techniciens soviétiques quittent la Chine qui affirme être le vrai modéle du communisme, la rupture est consommée . Les deux états vont dés lors échanger des critiques,puis des insultes enfin,ils en viennent, en 1969,à échanger des coups de feu sur leur frontiére commune.Le bloc communiste se trouve avoir deux têtes,c'est donc un échec de l'URSS dans sa volonté de diriger le monde communiste. Ce n'est pas l'entrée de Cuba en 1961 dans le sphére communiste - pourtant importante, car c'est une tête de pont du communisme en amérique latine - qui peut compenser l'éclatement du bloc. C'est pourtant son échec dans la gestion de la crise de Cuba en 1962 qui est une des causes de l'éviction de Khrouchtchev en 1964.

III- Une domination contestée, un modéle qui se fige



A) Malgré la répressio, la contestation des pays de l'Est se poursuit



De la direction collégiale qui remplace Khrouchtchev, émerge rapidement Leonid Brejnev, parfait représentant de l'appareil du parti.Il revient rapidement sur les réformes de Khrouchtchev et laisse le pays s'enfoncer lentement dans la débandade économique tout en maintenant un régime dictatorial qui écrase tout velléité d'opposition.En ce qui concerne les démocraties populaires Brejnev tolére une certaine indépendance économique ( c'est le cas de la Hongrie), mais refuse toute tentative d'indépendance politique.Cela éclate de façon,évidente lors du - printemps de Prague -. En janvier 1968; le nouveau secrétaire du PC tchéque, Alexandre Dubcek, tente une expérience de socialisme imprégné des traditions démocratique de la Tchécoslovaquie, le socialisme à visage humain. Il restitue les libertés fondamentales à la population, ce qui donne naissance à un immense espoir.Peu à peu, entraîné par l'enthousiasme de la population, Dubcek annonce des réformes d'importance dont le multipartisme. C'est inacceptable pour brejnev et , le 21 août 1968, Les troupes du pacte de Varsovie envahissant la Tchécoslovaquie. La normalisation qui s'ensuit décime le parti communiste tchéque comme les intellectuels.Brejnev énonce alors sa doctrine sur les rapports entre les pays socialistes et l'URSS, ils n'ont droit qu'à une responsabilité limitée sur leurs propres affaires,puisque la solidarité avec la communauté socialiste doit passer avant tout.En clair, un état socialiste ne peut renoncer au socialisme.Partout,Brejnev tente d'imposer le même ordre qu'il fait régner en URSS.
Malgré tout, de même que les opposants finissent par se faire entendre en URSS, dans les pays de l'Est aussi, la contestation de l'ordre brejnevien se fait sentir, C'est surtout en Pologne que,réguliérement,des mouvements de résistance se font sentir.Aprés plusieurs épisodes,en 1980,à la suite de gréves aux chantiers navals de Gdansk, un des meneurs, Lech Walesa,prend la tête d'un syndicat indépendant: Solidarnosc.Le gouvernement polonais accepte de le reconnaître lors des accords de Gdansk,mais, sous la pression de Moscou,le général Jaruselski proclame, en décembre 1981,l'état de siége et fait arrêter les dirigeants du syndicat.Pourtant,partout ,malgré la répression, la contestation surtout celle des intellectuels,favorisée par les accords d'Helsinki, se poursuit.

B) Des succés à l'extérieur du Bloc

les années Brejnev sont à la fois marquées par la période de la détente, jusqu'en 1973,puis par la guerre fraîche ensuite.Cette époque semble, en ce qui concerne l'influence soviétique dans le monde, malgré les difficultés avec la Chine et les démocraties populaires, plutôt favorable à l'URSS.En effet, au viêtnam, la victoire du Nord en 1975 et la réunification du pays parquent la triomphe de l'URSS, au cambodge l'intervention des troupes vietnamiennes témoigne de l'influence de Moscou dans cette partie du monde au détriment de celle de Pékin. En Afrique aussi, les années 70 voient s'implanter, parfois par soldats cubains interposés,l'idéologie soviétique.Le monde entier enfin croit venu le triomphe de l'URSS en 1979, quand elle envahit l'Afghanistan pour défendre un gouvernement communiste. Cette invasion a pour conséquence un sursaut américain qui relance la course aux armements,révélant les difficultés économiques d'une Union soviétique qui a négligé tout le reste au profit du complexe militaro-industriel. C'est l'ampleur du désastre économique,la difficulté de poursuivre les combats en Afghanistan que découvre,aprés la mort de Brejnev en 1982 et la disparition rapide de ses deux successeurs, Gorbatchev quand il arrive au pouvoir en 1985.